la maison
j’ai longtemps rêvé d’un arbre un tilleul dans une cour pas celle de ma maison d’enfance une autre plus grande entourée de prés herbes folles, coquelicots des prés sauvages et au milieu la cour le tilleul et des gens autour d’une grande table en bois assis, des amis qui rient et font couler le vin en disant plus jamais, toujours, autrefois des choses définitives comme ça sur le monde, les autres, l’amour, la vie et leurs visages éclairés par les bougies qui fondent sur la table s’animent et se fâchent et se marrent et ça a l’air bien d’être avec eux sous le tilleul à trois heures du matin en août dans la nuit fraîche qui sent la terre ; on se sent à la maison
je n’ai jamais trouvé le chemin pour les rejoindre mais mes pas m’ont menée ici et là puis dans un salon à Paris autour d'une table basse en bois abimée toi dans le canapé vert et ça n’a rien à voir mais c’est pareil ; la maison
